Pas de quartier pour les alternatives

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154, route de Malagnou : L’Etat promet le renouvellement d’un bail associatif puis revient en arrière pour des raisons politiques!


En mars 2012, un collectif de personnes mal-logées a occupé le 154 rte Malagnou, propriété désaffectée de l’Université de Genève. Cette dernière – sous la direction de l’ex-recteur M. Jean-Dominique Vassalli – a accordé un contrat à l’association Xenope nouvellement constituée, afin de loger des personnes en formation. L’État de Genève a par la suite racheté le terrain. Dans un premier temps, l’Office des bâtiments (OBA – à l’époque sous la responsabilité du Conseiller d’Etat M. François Longchamp) a voulu expulser l’association Xenope. Suite à une mobilisation pour dénoncer l’absurdité de laisser une maison vide, un contrat de bail a été signé avec l’association Xenope, échéant à fin 2016. Xenope a pu poursuivre son projet d’habitat collectif et autogéré pour personnes en formation en attendant le développement du projet de densification immobilière prévu sur la parcelle. En juin 2016, l’OBA (désormais sous la responsabilité de M. Serge Dal Busco) annonçait le prochain renouvellement du bail avec Xenope, jusqu’en juin 2020, vu l’avancement de projet urbain (horizon 2022). Cependant, le Conseil d’Etat est intervenu a posteriori et a décidé de faire marche arrière en attribuant la maison du 154 rte de Malagnou à l’Hospice Général, soi-disant pour y loger des requérant.e.s d’asile. L’État et l’Hospice jouent ainsi une précarité (des étudiant.e.s) contre l’autre (des requérant.e.s d’asile). Le Conseiller d’État Serge Dal Busco justifie alors la nécessité d’évacuer Malagnou par l’absence de bâtiments disponibles pour l’hébergement de migrant.e.s au sein du parc immobilier de l’État. Or, lors d’une recherche rapide, Xenope a trouvé plusieurs emplacements (documentés), propriétés de l’État, permettant de loger des familles de requérant.e.s d’asile.

Il s’agit donc d’un prétexte: l’État s’attaque à une expérience de logement collectif et veut punir le collectif de Malagnou de s’être mobilisé en 2013 contre l’abandon d’une maison par l’Etat en pleine crise du logement. L’association Xenope s’est tournée vers l’ASLOCA et exerce actuellement ses droits de locataire pour requérir une conciliation. En guise de réponse, la police harcèle depuis quelques mois les occupant.e.s : des arrestations et contrôles individuels ont eu lieu ainsi qu’une perquisition, dans le but d’intimider Xenope et les habitant.e.s du 154.


28, chemin Pasteur : expulsion extra-judiciaire de D. d’un terrain actuellement non constructible


Au printemps 2016, D., étudiant en histoire n’ayant pas les moyens de se payer un appartement trop coûteux, installe sa roulotte dans le jardin d’une maison dont les locataires – une famille avec deux enfants – avaient été expulsés trois ans auparavant (par rupture unilatérale de bail). Cette maison est alors squattée puis visitée régulièrement par des dealers, ainsi que son jardin, devenu une véritable poubelle. La régie Pilet Renaud, mandatée par le propriétaire, en mure les ouvertures puis enlève les tuiles pour la rendre inhabitable. Plusieurs courriers des voisins sont adressés à la régie pour protester, tant les odeurs sont devenues insupportables et que de l’eau, qui n’avait pas été coupée, coule jusque dans la rue : rien n’est fait. Aussi l’arrivée de D. est-elle accueillie avec bienveillance puisque la première chose qu’il fait est de débarrasser plusieurs tonnes de détritus et de s’assurer que l’eau ne fuit plus. Malgré toutes les démarches, entreprises par D. auprès du propriétaire et de la régie pour obtenir un contrat de confiance, une fin de non-recevoir lui est notifiée, y compris par l’avocat du propriétaire, Me Patek.

Un comité de soutien a été facilement constitué tant les voisins étaient scandalisés qu’une maison reste vide, alors qu’il est si difficile de trouver un logement. Deux pétitions sont signées et recueillies en quelques jours et les voisins se montrent solidaires avec ce jeune homme si gentil : l’une pour le Conseil municipal et l’autre pour le Grand Conseil. Des articles paraissent dans la presse après plusieurs conférences de presse. Une fête de soutien est organisée et recueille le soutien de nombreux voisins et parlementaires de gauche le jour supposé de l’expulsion de D. deux jours après, au petit matin, sur ordre de M. Maudet, la police embarque D. pour le conduire au Bd Carl-Vogt pendant que, en présence du responsable de la régie, la police fait évacuer la roulotte de D. sous le nez des quelques habitant-e-s du quartier ayant été prévenu-e-s de l’arrivée de la police.

Alors que D. occupait cette parcelle depuis plus de trois mois, aucune juridiction ne statua sur la plainte déposée par le propriétaire : la police intervint avant une décision de justice. Il s’agit à l’évidence d’une expulsion extra-judiciaire.

Les deux pétitions ayant été déposées auprès du Conseil municipal et du Grand Conseil, les pétitionnaires furent auditionnés par la commission des pétitions des deux instances, mais leurs pétitions furent classées sans suite, malgré la défense menée par des élus du Conseil Municipal. Le comité de soutien constitué durant l’été fut élargi à plusieurs organisations politiques de gauche et s’est réuni plusieurs fois afin de demander à un juriste un avis de droit sur les expulsions extra- judiciaires mais, à ce jour, pas un seul professeur de droit, auquel avait pourtant été proposée une rémunération , n’est d’accord pour donner un avis de droit !

Nous sommes donc en situation où, vivant dans un état de droit, les citoyens n’ont pas accès au droit d’en avoir connaissance !


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  • 154, route de Malagnou (57%, 155 Votes)
  • 28, chemin Pasteur (43%, 116 Votes)

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